Conjoncture économique
Alors que la situation économique du pays s'était améliorée depuis la vague de libéralisation économique lancée sous la présidence de Bashar al-Assad, le PIB ayant plus que doublé en 5 ans et le taux de croissance s'élevant autour de 4%, l'économie est actuellement au bord du gouffre. La consommation a chuté, les échanges ont marqué le pas, l'inflation augmente, le tourisme s'est effondré, la production pétrolière est en baisse...
Le soulèvement populaire, durement réprimé, a donné lieu à une escalade de la violence. De plus, les sanctions économiques prises contre le pays par l'Europe, les Etats-Unis et la Ligue Arabe depuis le début des affrontements en mars 2011 ont lourdement impacté les entreprises locales. La résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU, demandant la démission de Bashar al-Assad, s'est heurtée aux véto russe et chinois.
La situation sociale du pays était déjà préoccupante avant la crise: un tiers de la population vivait sous le seuil de pauvreté, le chômage touchait 20% de la population (75% des chômeurs avaient entre 15 et 24 ans), et la croissance économique ne suivait pas le très fort taux de croissance démographique (+3,3%/an).
Principaux secteurs d'activité
La Syrie, encore en plein développement économique, exporte essentiellement des matières premières (pétrole brut, coton, céréales, phosphates). L’agriculture représente un pilier de son économie, compte tenu de sa forte population et de sa volonté d’insuffisance. Le secteur agricole représente 22% de son PIB et emploie un tiers de la population active, mais reste pour autant un secteur fragile puisqu’il dépend directement des conditions climatiques, et surtout de la pénurie d’eau, enjeu clé de la région. La superficie cultivée a augmenté de plus de 50% depuis 1970, principalement en raison des encouragements gouvernementaux et l'utilisation plus efficace des méthodes d'irrigation. Les principales récoltes incluent le blé, les pommes de terre, les betteraves à sucre et l'orge. La Syrie pratique également l'élevage de volailles, de bétails et de moutons.
L’industrie occupe une place relativement importante, notamment grâce au textile, à la chimie, et bien sûr au pétrole, qui représente 14% du PIB syrien. Le secteur des hydrocarbures est très important pour l'économie syrienne et contribue à hauteur de 65% aux exportations du pays. Néanmoins, les réserves de pétrole du pays s’amenuisent d’année en année, et bien que la hausse du baril ait permis une croissance de 4,5% en moyenne ces dernières années, les experts tablent sur un assèchement des puits syriens pour 2020. Le secteur manufacturier contribue à 25% du PIB avec la production d'objets artisanaux tels que les articles en soie, en cuir et en verre.
Le secteur tertiaire est bien établi (principalement le tourisme) et contribue à plus de 50% du PIB.
Commerce extérieur
La Syrie est très ouverte au commerce international, et ce depuis la fin des années 1990. En 2005, la Syrie signait un accord de libre échange avec la Turquie (entré en vigueur en 2007) et intégrait le GAFTA (Great Arab Free Trade Area), la zone de libre échange régionale, tandis qu’un accord d’association avec l’Union Européenne a été paraphé en 2004, puis en 2008, et est prêt à être signé depuis l’automne 2009.
La part du commerce extérieur dans le PIB du pays est d'environ 70%. Alors que le commerce se développait ces dernières années, les échanges se sont taris du fait de la grave crise politique, sociale et économique traversée par le pays et les sanctions économiques prises par ses partenaires commerciaux (embargo des pays arabes notamment).
La Syrie exporte principalement ses ressources pétrolières (42% des exportations en 2008), du textile, du bétail et des légumes, ainsi que des produits agroalimentaires. Ses principaux clients sont les pays arabes, à hauteur de 51% avec notamment une intensification des relations commerciales avec l’Irak, le Liban et l’Algérie, puis l’Union Européenne à hauteur de 34%, l’Allemagne et l’Italie étant en tête du classement, la France n’arrivant qu’à la 6ème place. En termes d’importations, le poste le plus important reste les produits pétroliers à hauteur de 35%, ainsi que les métaux et ouvrages métalliques, suivi de l’industrie chimique, du bétail, et des biens de consommations. Les deux principaux fournisseurs sont respectivement l’Union Européenne (29%) et l’Asie (25%).
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Dernières mises à jour en Mai 2012