Financer son exportation
Plusieurs mois vont s'écouler entre le moment où le règlement effectif
par votre acheteur va intervenir et celui où vous aurez engagé les premières
dépenses pour obtenir le marché à l'étranger.
Est-il possible à une entreprise de faire face aux dépenses et investissements
requis aux différentes étapes de l'opération d'exportation ou d'importation
envisagée ? A défaut d'en avoir la capacité propre, de quels concours
pourra-t-elle bénéficier, sous quelles formes, pour que cette opération
ne conduise pas à des difficultés de trésorerie ?
La prospection
Dès cette phase, vous pouvez bénéficier de concours extérieurs qui vous
éviteront faux pas et pertes de temps.
• L'accompagnement commercial fourni par votre banque, qui dispose d'un
large réseau à l'étranger, vous permet d'obtenir les renseignements de
toute nature sur le pays et les prospects que vous avez ciblés. Les
renseignements commerciaux occupent, dans la gamme de ces informations
une place primordiale.
• Le parrainage bancaire permet à votre banque, en partenariat avec la
COFACE, de financer vos dépenses de prospection.

L'exécution des commandes
Pendant la période de fabrication, vous devez faire face à des besoins
de trésorerie que les acomptes reçus de votre acheteur ne vous permettent
que rarement de couvrir.
Plusieurs types de financement peuvent vous être consentis:
• les paiements progressifs, par votre acheteur, dans le cadre des crédits
moyen terme export.
• les cautions auprès des douanes permettent d'importer des marchandises
nécessaires à la fabrication, en suspension des droits et taxes attachés
à ces importations.
Le financement à court terme du poste client
Différents financements peuvent être mis en place pour financer la reconstitution
de votre trésorerie rendue nécessaire par les délais de règlements que
vous avez accordés à votre client.
La reconstitution de la trésorerie :
• le crédit global d'exploitation peut prendre différentes formes:
• le crédit court terme multidevises, qui vous permet d'améliorer vos
marges en profitant des différentiels de taux d'intérêt devises contre
devises ou devises contre EUR
• l'ouverture de crédit en devises, qui permet de disposer de devises
ou d' EUR après cession de devises. Il est alimenté par les règlements
reçus en devises.
• les crédits spécifiques
• la MCNE (mobilisation de créance née à court terme sur l'étranger)
qui permet, pour une créance née (exportation effective et prouvée), d'obtenir
un financement en EUR, d'une durée au plus égale au délai de paiement,
par escompte de billet financier à ordre souscrit par l'exportateur.
• l'avance en devises à l'exportation, dont les modalité sont proches
de la MCNE.
• l'avance en devises à l'importation, technique symétrique de celle de
l'avance en devises à l'exportation, et qui permet à l'importateur de
payer comptant ses fournisseurs étrangers.
Dans ces deux derniers cas, selon que le financement est consenti ou non
dans la devise de facturation, vous serez couvert du risque de change
(devises identiques) ou devrez recourir à une technique complémentaire
de couverture (devises différentes)
La gestion du paiement des créances :
• l'affacturage (ou "factoring") est une technique qui vous permet d'être
payé de vos factures par anticipation par un affactureur. Il ne s'agit
pas d'un escompte mais d'un paiement par subrogation avec quittance subrogative.
Cette technique est essentiellement utilisée pour le court terme (6 mois
maximum). Elle présente un double avantage : c'est un moyen de financement,
elle vous décharge des tâches administratives liées à la tenue des comptes
clients, au recouvrement et au contentieux des créances.
• le Forfaitage (forfaiting)
Cette technique présente un double avantage pour l'exportateur :
basé sur le principe d'un rachat de votre créance par la banque, il vous
dégage totalement de son recouvrement auprès de votre acheteur et vous
permet d'être payé comptant, pour 100% du contrat.
le mécanisme de mise en place d'une opération de forfaiting constitue
une véritable aide à la vente, puisqu'il vous permet, dès la négociation
du contrat, de proposer un financement à votre acheteur, en intégrant
le coût de ce financement dans votre prix.
Les conditions de mise en oeuvre dépendent de votre établissement
bancaire
Le financement à moyen terme
Ce type de financement s'applique à l'exportation de biens d'équipement.
On distingue :

les crédits export
ils sont de deux catégories selon le bénéficiaire final du financement,
crédits acheteurs ou crédits fournisseurs. Les uns et les autres peuvent
être de trois types :
crédits dits administrés, avec garantie COFACE et soutien public du taux
d'intérêt
crédits en garantie pure, avec garantie COFACE mais sans soutien public
du taux d'intérêt
crédits libres, sans garantie COFACE et sans soutien public du taux d'intérêt.
• le crédit fournisseur est un crédit que vous accordez à votre acheteur
et que vous escomptez auprès de votre banque. L'escompte ne peut porter
que sur une créance née et être utilisé en plusieurs tranches. Le taux
d'intérêt est librement négocié entre vous et votre acheteur, il y aura
cependant avantage à le fixer par référence au taux d'escompte.
• le crédit acheteur sera directement accordé à votre acheteur par votre
banque, afin que vous soyez payé comptant du montant du contrat. Il nécessite
la signature de deux contrats distincts et autonomes :
• la convention de crédit liant votre banque et votre acheteur
Le crédit acheteur, lorsqu'il met en jeu l'intervention de la COFACE,
est soumis à un certain nombre de conditions qu'il est nécessaire de respecter
impérativement, sauf à courir le risque de perte des garanties apportées
par cet organisme.
la confirmation de commande
A la demande de l'exportateur, l'acheteur demande à la société
de confirmation les conditions de son intervention et son engagement d'acheter
au comptant et sans recours la créance, contre remise des documents prévus
pour preuve de l'expédition. C'est la société de confirmation qui prend
à son compte le risque du crédit, donc le paiement de l'acheteur à la
bonne date des échéances.
le leasing international (cross-border
leasing)
Vous vendez comptant votre matériel à une société de leasing qui
elle-même le loue à votre client étranger, en exigeant souvent de ce dernier
une garantie bancaire pour le paiement du loyer.
Cette technique vous décharge totalement du risque commercial transféré
à la société de leasing.
la compensation
la compensation est une technique utilisée lorsque votre acheteur
ne dispose pas des devises nécessaires au règlement. Il vous propose alors
de vous payer sous forme de produits ou de services.
On distingue 5 principales formes de compensation :
le troc ou barter, qui repose sur un simple échange de marchandises ou
de biens, sans règlement financier.
le contre-achat ou counter purchase. Dans ce cas vous êtes payé de vos
fournitures mais vous vous engagez en contrepartie à utiliser un certain
pourcentage de vos ventes à l'achat de produits de votre importateur.
l'achat en retour ou buy back, dans lequel vous vous engagez à acheter
ou à faire acheter pendant plusieurs années une partie des produits fabriqués
au moyen des équipements que vous avez livrés.
le clearing, mécanisme de règlement par compensation qui permet de limiter
le mouvement des capitaux.
l'offset ou sous-traitance dans le pays de l'acheteur d'une partie des
prestations incorporées ensuite dans les biens que vous exportez.

Le financement de l'implantation à l'étranger
Les mesures mises en place par les pouvoirs publics
garantie des investissements français à l'étranger, gérée par la COFACE
LA SOFARIS (Société française d'assurance pour le capital risque des PME),
couvre le risque économique sous réserve de la couverture du risque politique
par la COFACE
Le CODEX (Comité du développement extérieur) dont l'intervention ne concerne
que les opérations de gros montants (plusieurs millions de francs)
les facilités fiscales, sous forme de constitution de provisions déductibles
• les interventions des banques et établissements financiers
• les interventions des organismes multilatéraux d'aide et de financement
(UE avec les programmes PHARE, JOPP, TACIS, ECIP, BERD, BEI, Banque Mondiale).
Cette rubrique a été réalisée avec le concours du Crédit Agricole

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